La restauration de la qualité de vision représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les techniques médicales et chirurgicales de correction des défauts de la vision.
Elle a initié un intérêt renouvelé pour les techniques d’exploration directe et indirecte des propriétés optiques de l’œil humain.
L’appréciation directe de la qualité optique de l’œil est rendue possible grâce à de nouvelles technologies instrumentales initialement développées pour améliorer les caractéristiques optiques des télescopes ou des faisceaux lasers industriels et mises au service de l’étude de l’œil humain. Les progrès accomplis dans la miniaturisation et la production à moindre coûts de composants optiques et électroniques ont permis le recueil et l’analyse du front d’onde cornéen ou oculaire dont suivent quelques exemples en pratique clinique.
Dans tous le cas, la bonne compréhension des principes et mécanismes liés au recueil et à l’analyse du front d’onde requiert des connaissances approfondies en optique physique et physiologique. De même, les problèmes liés à la détection du kératocône, ou l’adaptation de lentilles de contact sur des cornées difficiles exigent une compréhension profonde des notions de courbure et d’élévation en topographie cornéenne.
Ces disciplines (principes et diagnostic aberrométrique et topographique) et leurs fondamentaux sont toutefois peu enseignées à ce jour dans le cursus médical et durant la spécialisation en Ophtalmologie. En sus, il existe en France une situation particulière liée à la non reconnaissance de l’Optométrie en tant que discipline universitaire. L’enseignement de l’aberrométrie et de la topographie s’effectue en pratique de façon plus ou moins autodidacte ou par le biais de formations délivrées sous le contrôle de compagnies qui distribuent ces instruments. Les retombées positives de ces enseignements bénéficient pleinement à ces compagnies, qui « profitent » également de la place laissée vacante par l’Université pour promouvoir leurs produits sur le marché français ans contrôle ou validation véritable.
Jusqu’à présent, l’espace restreint dévolu à l’étude fine des propriétés optiques de l’œil pouvait être justifié par l’absence d’applications pratiques, en particulier thérapeutiques (en dehors de la chirurgie réfractive). Cette attitude est présent bousculée par le nombre croissant d’applications thérapeutiques en découlent:
-chirurgie réfractive : traitement personnalisés destinés à restaurer voire accroître les performances optiques de l’œil humain.
-chirurgie de la cataracte : implants asphériques et multifocaux,
-contactologie : lentilles de contact customisées pour améliorer la qualité de vision.
Citons également le domaine de l’optique de verre de lunettes ou plusieurs fabricants s’apprêtent à lancer sur le marché des verres de lunette aux performances optimisées sur des critères aberrométriques.